Diapason magazine

5diapasonBaptisé en mémoire de Sören Edding, mystérieux philosophe danois spécialiste de l’esthétique beethovénienne, le quatuor […] a déjà gravé pour le label Etcetera, deux disques remarqués dévolus à Haydn et Mozart. Associé à une contrebasse et trois souffleurs, voici qu’il devient l’ensemble Northernlight pour le vaste octuor de Schubert.
On apprécie d’emblée la splendeur et la pureté des timbres : rien ne passe en force, les tuti brillants reposent sur le rebond et la résonance. On est séduit par la décontraction sans mollesse des phrasés. Les contrastes d’une idée à l’autre sont toujours modérés, mais les climats variés, entre les sursauts joyeux du Scherzo, la grâce badine de l’Andante con variazioni, et les trémolos mystérieux qui mènent au finale. La rondeur de la clarinette contraste avec les cordes légèrement acidulées, le cor réplique fraternellement, sans bomber le torse. L’esprit chambriste est magnifié par la fluidité du dialogue, à l’inverse de versions plus impressionnantes qui font tendre l’octuor vers une symphonie.
Dans le Mouvement de quatuor D 703, les Edding projettent une lumière vive, presque irréelle, accompagnée de couleurs chaleureuses, un peu comme un soleil perçant dans une forêt automnale ; le thème lyrique se déploie telle une évidence, tandis que la transparence de l’interprétation laisse pleinement entendre le foisonnement contrapuntique.
Jérôme Bastianelli