« Schlappseilgeigen », « Müsli-Barock », « Bio-Gamben »: Als die sogenannte Originalklangbewegung in den 70er und 80er Jahren die Klassikszene revolutionierte, traf sie auf viel Spott und noch mehr Empörung. Weshalb um Himmels willen sollte man auch auf kratzigen Darmsaiten spielen, wenn doch Saiten aus Metall oder Kunststoff viel leichter ansprechen und sich längst nicht so leicht verstimmen?
Gegen diese Skepsis setzten die Alte-Musik-Enthusiasten die aufregende Entdeckung einer vergessenen Klangwelt. Ja, Darmsaiten klingen rauer, aber auch besonders erdig, farbig, warm. In der Barockmusik sind sie längst Standard. Und wenn sich heute doch mal ein konventionelles Symphonieorchester an Bach oder Händel herantraut, dann lädt man natürlich einen Originalklang-Dirigenten als Gast ein. Selbst bei Kernrepertoire wie den Beethoven-Symphonien setzen die Ideen der sogenannten historisch informierten Aufführungspraxis den Trend. Ist also « ganz Gallien » erobert? Nein!
Widerstand leistet noch immer die ehrwürdige Gattung Streichquartett. Der wenig schmeichelhafte Grund: Bis auf sehr wenige Ausnahmen (wie das Quatuor Mosaiques oder das Chiaroscuro Quartett) waren die meisten Originalklang-Streichquartette technisch und musikalisch schlicht nicht konkurrenzfähig. Und so ist die neue CD des aus Belgien stammenden Edding-Quartetts eine kleine Sensation. (suite…)

Two years after the success of their Schubert album, very warmly received by the press and public alike, the Edding Quartet and Northernlight felicitously join together once again on the same album to give new readings of these masterpieces of the chamber music repertoire. Having become major interpreters of the Classical and Romantic repertoires, the two ensembles offer expert performances, refined and precise, of two of the German composer’s finest scores.

Northernlight le bien nommé donne un nouvel éclairage à Schubert
Ensemble de solistes ou petit orchestre ? En composant son Octuor pour cordes et vents, Schubert honore une commande (celle du puissant et musicien comte Ferdinand Troyer) et rend hommage au célèbre Sextuor de son dieu Beethoven, dont il reprend le plan et l’effectif, auquel il ajoute un violon. Une pièce de salon donc, et une affaire viennoise, mêlant fausse légèreté et vraie mélancolie. Une certaine âpreté aussi, longtemps gommée par les interprétations traditionnelles (notamment celle, illustre, des membres du Philharmonique de Vienne) mais sur laquelle les ensembles d’instruments d’époque ont mis l’accent. Pour ses débuts chez Phi – le label créé par Philippe Herreweghe -, le Quatuor Edding, élargi en octuor sous le nom de Northernlight, rebat les cartes : instruments anciens mais culte de la sonorité, dramatisme assumé mais sobriété avant tout. Le chef-d’œuvre y gagne en profondeur et y perd ses habituelles longueurs. Comme pour affirmer cette option introspective, il termine l’album par le Quartettsatz, génial premier mouvement d’un quatuor que Schubert ne termina jamais, et l’une de ses pièces les plus angoissées. Là aussi, les Edding atteignent à un équilibre peu commun.

François Lafon

It’s good to have a reading of Schubert’s Octet which explores it via the pungency of period instruments. The very opening chord is lent a particular dark hue (which isn’t just a matter of pitch) and the subsequent dialogue between wind and strings has a greater intimacy than in the Nash’s fine version. The arrival of the Allegro after the first movement’s slow introduction has a particular agility in this new reading, which has less to do with speed than the leanness of timbre. In the Adagio they take a more flowing tempo than the Nash, to great effect, Northernlight’s clarinettist Nicola Boud giving the Gaudier’s Richard Hosford a run for his money in sheer poetry. The darting Scherzo is another delight, all three wind instruments giving it a truly rustic edge, while in the finale the group contrasts drama and fizzing ebullience with a real twinkle in the eye, the chattering interplay between the instruments full of personality. And, once again, the pacing is spot on.
Harriet Smith

5diapasonBaptisé en mémoire de Sören Edding, mystérieux philosophe danois spécialiste de l’esthétique beethovénienne, le quatuor […] a déjà gravé pour le label Etcetera, deux disques remarqués dévolus à Haydn et Mozart. Associé à une contrebasse et trois souffleurs, voici qu’il devient l’ensemble Northernlight pour le vaste octuor de Schubert.
On apprécie d’emblée la splendeur et la pureté des timbres : rien ne passe en force, les tuti brillants reposent sur le rebond et la résonance. On est séduit par la décontraction sans mollesse des phrasés. Les contrastes d’une idée à l’autre sont toujours modérés, mais les climats variés, entre les sursauts joyeux du Scherzo, la grâce badine de l’Andante con variazioni, et les trémolos mystérieux qui mènent au finale. La rondeur de la clarinette contraste avec les cordes légèrement acidulées, le cor réplique fraternellement, sans bomber le torse. L’esprit chambriste est magnifié par la fluidité du dialogue, à l’inverse de versions plus impressionnantes qui font tendre l’octuor vers une symphonie.
Dans le Mouvement de quatuor D 703, les Edding projettent une lumière vive, presque irréelle, accompagnée de couleurs chaleureuses, un peu comme un soleil perçant dans une forêt automnale ; le thème lyrique se déploie telle une évidence, tandis que la transparence de l’interprétation laisse pleinement entendre le foisonnement contrapuntique.
Jérôme Bastianelli

Das Ensemble Northernlight liefert eine frische und überzeugende Interpretation von Schuberts Oktett D 803 und dem Quartettsatz c-Moll D 703.
Das Oktett F-Dur D 803 von Franz Schubert hält für die Interpreten einige Herausforderungen bereit: Zum einen ist das Werk mit technischen Tücken nur so gespickt. Durch die Oktavierungen des Instrumentalsatzes wird das Klangbild schon durch kleinste intonatorische Schwankung getrübt. Zudem stehen die Künstler auch vor der Aufgabe, eine Brücke zu schlagen zwischen den Sätzen kunstvoller Komplexität und den Teilen, die eher der Divertimentotradition entspringen. Bei dem belgischen Label Phi erschien nun die CD eines weiteren Ensembles, das sich den hohen Schwierigkeiten gestellt hat: Die Musiker des Edding Quartets (Baptiste Lopez, Caroline Bayet, Violine; Deirdre Dowling, Viola; Ageet Zweistra, Cello) formieren sich mit Damien Guffroy (Kontrabass), Nicola Boud (Klarinette), Julien Debordes (Fagott) und Nicolas Chedmail (Horn) zum Ensemble Northernlight, um dieses Werk für Streicher und Bläser von Franz Schubert zum Klingen zu bringen.
Die Einzelleistungen der Interpreten wie auch das Zusammenspiel sind exzellent. Die beiden Geiger agieren präzise, die Violoncellokantilenen erklingen klangschön und in der Phrasierung durchdacht, Horn- und Klarinettensoli gelingen angenehm weich. Die Musiker kennen sich untereinander; und sie kennen auch die Instrumente der Mitspieler, das ist offensichtlich. So ist auch das Vibrato der Streicher auf die Spielweise der Bläser abgestimmt und lässt eine ausgezeichnete Klangbalance entstehen. Es ist wunderbar zu hören, wie stimmungsvoll die von Schubert wohl beabsichtigte Balance zwischen Streichern und Bläsern klanglich umgesetzt wird. Weil jeder der fünf Streicher wie auch der drei Bläser sich solistisch zurücknimmt, mischen sich die Klangfarben der Instrumente zu einem herrlich vielschichtigen musikalischen Geflecht. Rhythmische Präzision, viel Spannkraft und Spielfreude, sind im ‘Allegro vivace’ auszumachen. Herrlich gelingt auch der Anfang des ‘Andante con variazioni’. Der vordergründige Dialog zwischen Violine und Klarinette fügt sich immer wieder perfekt in die Hintergrundtextur der Begleitstimmen ein. Der letzte Satz zeichnet sich erneut durch eine die ganze Interpretation durchziehende Leichtigkeit und großen Spielwitz aus; fein artikulierte Akzente gehen mit den klar herausgearbeiteten Spannungsbögen Hand in Hand.
Auch im Quartettsatz ‘Allegro’ c-Moll D 703 legen die Musiker des Edding Quartetts eine packende und durchdachte Interpretation vor. Die Melodie in der ersten Violine legt sich über die präzis agierenden Begleitstimmen, was sich im Gesamtklang harmonisch zu einem eng geknüpften musikalischen Geflecht verbindet. Die dynamischen Abstufungen und Akzente wie auch kleine agogische Verzögerungen innerhalb der Phrasierung verleihen dieser Deutung innere Spannung. An manchen Stellen hätte man sich jedoch hier – wie auch im Oktett – etwas mehr Biss in der dynamischen Kontrastbildung gewünscht.

5diapasonDès l’entame de l’opus 77 n°1, l’auditeur est happé par la tension qu’impriment les membres du quatuor Edding à cet Allegro d’esprit ludique et d’une grande complexité rythmique. La suite ne déçoit pas : aux textures savoureuses de l’Adagio succède un Menuetto tourbillonnant jusqu’à prendre l’allure d’un scherzo. Logiquement, le Finale doit être encore plus rapide : surprise, il l’est bien, au fil d’une sorte de mouvement perpétuel euphorique.
Dans l’opus 77 n°2, les Edding ne perdent pas de vue la cohérence du discours ni la lisibilité des thèmes, et enchaînent superbement les cellules rythmiques de l’Andante (magnifique dialogue violon-violoncelle à 5’) après un Menuetto gorgé d’humour.
Nous dirons enfin que l’opus 103 possède ce qu’il faut de verve et de lyrisme pour emporter notre adhésion.

 

Cette interprétation riche et ardente nous fait redécouvrir les derniers quatuors de Haydn comme s’ils venaient d’être composés, et ce grâce à l’exécution passionnée des Edding sur instruments historiques.
Il n’est point de doute que ce quatuor deviendra rapidement une nouvelle référence dans l’interprétation de Haydn sur instruments d’époque. De plus, ce CD est mis en valeur par le magnifique travail de l’artiste Sara Claes dont la photographie est inspirée par la lumière et les couleurs des portraits du XVIIIème siècle.

[…] Mais c’est l’interprétation des Edding de l’op. 103 qui fait de ce disque un incontournable pour les amateurs de Haydn. Le tempo allant avec lequel ils exécutent l’Andante grazioso initial et la riche palette de couleurs offerte par les cordes en boyau nous emmènent au plus profond de l’œuvre. J’ai depuis toujours eu la sensation que Beethoven avait autant influencé Haydn que l’inverse (malgré les problèmes dans leur relation personnelle), et cette version, appuyant cet argument, rend tous les autres enregistrements que je connais pâles en comparaison. Le Menuet est également exécuté plus rapidement qu’à l’habitude, ce qui le rend d’autant plus fort. Ces deux mouvements, contemporains de la deuxième symphonie de Beethoven, nous font entendre Haydn au sommet de son art.
Bravo au quatuor Edding, et à Et’cetera !